Adame Ba Konare
historienne, fondatrice-présidente de l’association Mémoire Afrique, ancienne « première dame » du Mali
Connaître l’Histoire pour apaiser les crispations identitaires
« L’Occident accepte difficilement les migrants sur son sol et les taux d’expulsion vont croissants. Les minorités dites visibles sont souvent pointées du doigt comme les principaux fossoyeurs de la sacro sainte république française. Les valeurs sont en panne.
Pour comprendre la perception qu’a l’Occident des Africains, il faut plonger dans l’Histoire. Cette perception occidentale remonte au XVIème siècle, à l’époque des premiers contacts avec l’Afrique. Les Noirs étaient des barbares muent par des instincts animaux. Ensuite, il y a eu la traite occidentale. Tout au long du XIXème siècle, les stéréotypes ont continué de s’alimenter et puisque l’Afrique manquait d’écriture, on a décrété qu’elle n’avait pas d’Histoire.
Ce lourd passé a pour conséquences que l’Africain est toujours aujourd’hui considéré comme une humanité à part. Plus grave encore : on tente de trouver des aspects positifs à la colonisation. Le communautarisme et la crispation identitaire est le fruit de cette histoire.
Nous aimerions un peu moins d’arrogance et un peu plus d’empathie. L’Afrique doit se construire et il faut l’aider dans son développement. L’implication des intellectuels est fondamentale et il faut multiplier les contacts de nature scientifique entre l’Europe et l’Afrique. »

