José Bengoa et le droit à l'alimentation
Jose_Bengoa : Le droit à l'alimentation par Spidh-Org
Jose Bengoa est professeur à l’Université de Santiago du Chili et vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme aux Nations unies.
A Nantes, au 4ème Forum Mondial des droits de l’Homme, José Bengoa a participé aux rencontres Lascaux De la terre à l’aliment : des valeurs aux règles. Les intervenants ont abordé le problème du droit d’accès à la terre et aux ressources naturelles ainsi que le droit à l’alimentation. José Bengoa a réfléchit sur l’impact de la crise économique sur ce droit à l’alimentation.
Il a rappelé l’importance des mouvements de Sans-Terre de part le monde, qui sont regroupés au sein du réseau Via Campesina. Ce mouvement international, né en 1993, coordonne des organisations de paysans, de travailleurs agricoles et de communautés indigènes dans le monde entier. Via Campesina travaille sur un projet de Convention sur le droit des paysans (sujet de sa cinquième conférence internationale à Maputo au Mozambique).
José Bengoa a souligné le problème de la coopération international et du manque de volonté des Etats de faire aboutir les négociations (la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique, la conférence de Rome sur la sécurité alimentaire…) Les Etats sont très réticents à se lancer dans des applications concrètes, notamment à cause des intérêts économiques qui priment sur les droits de l’Homme. A cause de la crise économique, le moment est d’autant plus mal choisi.
Au Forum, José Bengoa a également présenté son travail sur la question des peuples autochtones en Amérique latine. Les relations entre ces peuples autochtones et les Etats sont le plus souvent de nature conflictuelle, elles sont parfois très violentes. Le professeur chilien s’intéresse tout particulièrement au peuple Maputo au Chili et au problème de l’exploitation forestière sur leur territoire qui entraîne, entre autre, des assèchements et donc un problème d’accès à l’eau.
Pour José Bengoa, deux processus peuvent avoir des conséquences positives pour que le droit à l’alimentation soit institué au niveau international : l’entrée en vigueur du Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et l’action citoyenne. Les grand rendez-vous de la société civile, comme le Forum international de Nantes, sont d’ailleurs l’occasion pour l’action citoyenne de s’exprimer et c’est en cela qu’ils sont très importants.
Mais en dernier ressort, ce sont surtout les Etats qui ont le devoir et le pouvoir de faire avancer ces processus.

