Secrétariat International Permanent, Droits de l'Homme et gouvernements Locaux Nantes Pays de la Loire, France

Abdol-Karim Lahidji


président de la Ligue de défense des droits de l’Homme d’Iran (LDDHI), vice-président de la FIDH (Iran)

Les institutions iraniennes devant la liberté d’expression

« La Constitution iranienne est une fusion de deux concepts contradictoires à savoir le droit divin et le droit humain. L’Iran possède les institutions d’un Etat moderne (les 3 pouvoirs sont représentés) et d’autre part, possède un « super pouvoir », celui du guide suprême, qui contrôle les trois pouvoirs.

En ce qui concerne les libertés et droits fondamentaux, ils sont garantis par la Constitution. Mais ils doivent répondre à l’exigence suivante : ne pas aller à l’encontre des règles islamiques. Or les règles islamiques ne sont pas prévues par la Constitution ni par aucune loi. 6 religieux, nommés par le Guide suprême dans une institution que l’on nomme le conseil des Gardiens détermine si une loi ou bien une pratique est conforme aux règles islamiques. Toutes les lois votées par le Parlement passent devant le Conseil qui a le dernier mot.

Dans ce cadre là, la liberté d’expression et celle de la presse se heurtent toujours à des épées de Damoclès, d’autant plus qu’il n’y a pas de contre-pouvoir dans la République islamique. Le pouvoir juridique est entre les mains d’un mollah nommé encore par le Guide suprême et il contrôle tout. Rappelons que l’Iran est la deuxième prison du monde pour les journalistes ou pour les blogueurs. »