Lubna Hussein
journaliste (Soudan)
Le procès d’une journaliste soudanaise
« Au Soudan, les journalistes ne sont même pas libres de leurs choix vestimentaires. J’ai quitté le Soudan après avoir été jugée pour avoir osé porter un pantalon. Ce procès a eu le mérite d’attirer les regards du monde sur mon pays. Or le Soudan est un pays riche d’histoire et sa civilisation est fort ancienne. Il y a 2 000 ans, la femme soudanaise était une reine.
En 1989, suite au coup d’Etat islamique au Soudan, beaucoup de nouvelles lois ont restreint la liberté du peuple et particulièrement celle de la femme. Des lois ont imposé le port du voile et de vêtements dits islamiques. On punit les femmes de 40 coups de fouet pour le port du pantalon.
La semaine dernière, un enfant a été violé à l’intérieur même d’une mosquée. Une fille de plus de 14 ans doit prouver qu’elle a été agressée sexuellement par le témoignage de 4 personnes qui auraient été présentes sans quoi ses déclarations ne sont pas prises en compte. Le Soudan encourage aussi l’excision des filles et est le pays où il y a le plus de mortalité en couche.
Mon procès a représenté une forme de victoire car la population a pris la défense de la femme battue et des fouets ont été brûlés publiquement. Tous les pays doivent joindre leurs efforts pour combattre les agissements du gouvernement soudanais. »

