Régis de Gouttes
Membre et ancien président du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations unies (CEDR), membre de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), 1er avocat général honoraire à la Cour de cassation (France)
Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations unies (CEDR)
« L’intérêt d’un tel comité tient dans son caractère universel. Cela lui permet de s’élever au niveau mondial et de présenter un tableau général des phénomènes de racisme, d’ethnicité et de xénophobie dans les différents continents. Il procède à un examen périodique de la situation dans les Etats qui ont ratifié la Convention pour l’élimination de la discrimination raciale.
Chaque personne est porteuse de plusieurs identités (familiale, personnelle, religieuse, sociale…). Chacune de ces différentes identités mérite d’être respectée, comme le rappelle le CEDR dans un arrêt du 27 avril 2010. Mais la protection des minorités ne doit pas favoriser les pratiques extrémistes qui refusent le dialogue ou qui le compromettent.
Le CEDR a identifié 3 menaces qu’il surveille de près. La première est celle de la diffusion et de la propagation de l’intolérance par la voix des médias ou des discours de propagande politique. La deuxième résulte des effets négatifs des politiques sécuritaires et des mesures restrictives des libertés adoptées en réaction à la montée du terrorisme. Enfin, la troisième de ces menaces est celle des conflits interreligieux associés aux conflits ethnico-raciaux qui se manifestent dans le monde : on observe une résurgence de la haine anti-religieuse.
Face à ces menaces, la société civile a un rôle majeur à jouer pour faire avancer le respect des droits de l’Homme dans le monde. Il faut également assurer une plus grande surveillance dans le suivi du respect des conventions sur les droits de l’Homme par les Etats qui les ont ratifiées. Enfin, il y a la nécessité de réagir rapidement face aux situations de crises et de violations très graves des droits de l’Homme.
L’exigence première est de refonder l’ordre mondial sur ces deux grands principes que sont l’universalité des droits de l’Homme et le respect de la diversité. »

