Alexandra Koulaeva
responsable du pôle Europe de l’Est et Asie centrale de la Fédération internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH)
Contourner la censure dans l’ancien bloc des Etats soviétiques
« Avec toutes les répressions qui pesaient sur les journalistes et les représentants de la société civile qui exprimaient une opinion contraire à celle du gouvernement, le passé de l’URSS est extrêmement lourd. L’ancien bloc des pays soviétiques a hérité de ce passé.
Certaines ex-républiques socialistes ont effectué un virage positif dans la mise en œuvre de la liberté d’expression, comme les Etats baltes. D’autres ont laissé des régimes autoritaires et dictatoriaux s’installer comme en Asie centrale. Au Turkménistan, il n’y a pas un seul journaliste indépendant. En Ouzbékistan, même le neveu du président poursuit ses jours en prison.
En Russie, le nombre de journalistes tués est de loin le plus important de la région. La société civile est très faible et les gens descendent de moins en moins dans la rue pour défendre leurs libertés.
La FIDH travaille comme une fédération et communique tant bien que mal avec des associations locales partenaires. Les personnes qui nous livrent des informations sont exposées à de nombreux risques. La répression prend toujours quelques pas d’avance par rapport à notre travail et nous sommes quotidiennement obligés de réfléchir à de nouveaux moyens pour contourner la censure et pour délivrer de l’information. Ce jeu est interminable.
Dans les pays fermés et autoritaires, les frontières qui existent entre les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes sont très fragiles. En absence de presse libre, les défenseurs des droits de l’Homme portent des messages qui seraient portés par la presse dans d’autres pays démocratiques. Les défenseurs font en quelque sorte office de journalistes. »

